Cryptomonnaie ou Monnaie locale contre la crise ?


La monnaie locale, une réponse à la crise boursière et financière ?

Désertées les boutiques des centres villes, fauchés les consommateurs. Contre la crise économique, la chute des cryptos et les maux de la globalisation, le web a une solution : créer sa propre monnaie. Non, il ne s’agit pas de jouer les faux-monnayeurs. L’idée est de créer une monnaie locale capable d’offrir des avantages à ses détenteurs et d’encourager le commerce local. Conseils, séminaires, lectures, la société Schumacher regorge d’idées pour ceux qui voudraient tenter l’aventure. Conseil N°1 : s’inspirer des autres. Car de nombreuses expériences existent déjà aux quatre coins du globe.

Un exemple de monnaie locale qui marche

Près de chez moi

A Ithaca, dans l’Etat de New York, le « hour » circule depuis 1991. L’objectif social de cette monnaie est simple, raconte le site internet : encourager les habitants à acheter local et réduire la facture énergétique liée à l’importation de produits. Le nom de la monnaie – “hour” pour “heure” en français – en dit déjà long sur sa mission : « Si la monnaie est un vecteur d’échange de produits et services, elle représente aussi le travail de quelqu’un, le temps pris pour exprimer un talent ou rendre un service », souligne le site. Aussi la valeur d’un hour correspond-elle au tarif horaire du travail lors de la création de la monnaie en 1991, soit 10 dollars.

Mais pour booster le commerce local, les monnaies doivent pousser dans les poches des clients et s’échanger tous azimuts. Pour y parvenir, leurs créateurs ont plus d’un tour dans leur sac. Au Canada, le dollar de Toronto, créé en 1998, joue la carte sociale. A chaque échange de dollars canadiens en dollars de Toronto, 10% de l’argent échangé est versé dans un fonds communautaire local. D’autres choisissent de parier sur la gourmandise des consommateurs avides de bonnes affaires. Dans le Massachussets, les Berk shares offrent 10% de discount à leurs détenteurs dans les commerces acceptant la monnaie. Avec 2 millions de billets en circulation, 350 commerces et cinq banques participantes, celle-ci est la plus importante monnaie locale au monde.

Et ses créateurs ne comptent pas s’arrêter là. Des comptes bancaires en Berkshare, des distributeurs de billets distribuant des Berkshare, des prêts en Berkshare devraient bientôt débarquer sur le marché. Des prêts préférentiels ? Voilà peut-être une autre carte à jouer pour ces monnaies locales. En Suisse, le BonNetzBon (BNB) en circulation à Basel est aussi un instrument de microcrédit. Le réseau coopératif à l’origine des banques en ligne et de sa création promet en effet d’offrir des prêts en BNB aux organisations et associations sociales qu’elle jugera éthique.

Mais quid de la France ? Là, le projet SOL financé par la Commission européenne est à l’essai dans le Nord Pas de Calais, l’Ile de France, l’Alsace, le Nord-Alpes et la Bretagne. Celui-là fonctionne comme une carte de fidélité. Plus l’on consomme en euros dans un réseau d’entreprises aux valeurs écologiques et sociales, plus on engrange des Sols qui pourront être réinvestis auprès de commerce du réseau, ça fonctionne un peu comme un livret d’épargne. Pour l’instant, la monnaie à points est électronique mais promet de se transformer en jolis billets si l’expérience s’avère concluante.